Bernard Buffet et l’Asie

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Artiste aimé du public mais incompris des critiques d’art et des conservateurs en France, Bernard Buffet est pourtant un jeune prodige de la peinture. Il commence à exposer ses œuvres alors qu’il est tout juste âgé de 20 ans. En 1955, à seulement 27 ans, il est désigné comme le meilleur peintre de l’après-guerre par la revue « Connaissance des arts ». A la même période, un riche banquier japonais, Kiichiro Okano découvre les créations de Bernard Buffet. Totalement bouleversé par ces œuvres, Kiichiro Okano est profondément marqué. Le coup de foudre a frappé !

Kiichiro Okano, l’initiateur du succès asiatique de Bernard Buffet

Au cours des années 1950, Kiichiro Okano, un riche banquier japonais se retrouve face à des œuvres de Bernard Buffet. Il évoque ce moment fort : « Je venais d’être démobilisé et renvoyé chez moi après la guerre, et je me souviens être resté immobile devant ses tableaux, profondément ému et étonné, admirant les formes et les lignes nettes et originales, les couleurs sombres et le noir, le blanc et le gris dominants. […] Ses peintures ont insufflé une lueur d’espoir dans le vide et la stupeur opprimant notre génération après la défaite. […] J’ai été impressionné par le fait qu’un jeune génie avec une telle sensibilité soit né dans un contexte apocalyptique de la Seconde Guerre mondiale. Son art était sans aucun doute une nouvelle aube, qui a surmonté la mélancolie dans mon esprit. Dès lors, je suis devenu prisonnier de Buffet. Ses peintures m’ont montré une lumière et une nouvelle route, et ses peintures ne pouvaient que le faire car je n’avais pas de religion. C’est ainsi qu’a commencé mon admiration ardente pour Buffet. » Kiichiro Okano commence alors à acquérir des œuvres de Bernard Buffet. Il décide ensuite de commémorer l’artiste à travers un projet inédit : la construction d’un musée.

Le musée Bernard Buffet au pied du mont Fudji

Kiichiro Okano fait construire un musée spécialement dédié à Bernard Buffet au pied du mont Fudji, à Higashino, dans la commune de Nagaizumi au Japon. A travers ce musée, le riche banquier espère que : « la culture s’épanouisse sur ce sol à travers le talent de cet homme de génie ». Le musée sera inauguré le 25 novembre 1973. Bernard Buffet étant un grand timide, il ne se déplacera pas lors de cette inauguration mais laissera un mot de remerciements à sa femme, Annabel Schwob, qui le représentera lors de cet évènement. Le peintre s’en voudra toute de sa vie de ne pas avoir été présent mais viendra souvent rendre visite à Kiichiro Okano au Japon et au musée. Quelques années plus tard, une extension du musée est créée et inaugurée en 1988. Après la mort du peintre expressionniste, ses cendres ont été dispersées dans le jardin japonais du musée. Une évidence pour sa femme qui connaissait l’amour de Bernard Buffet pour le Japon et l’Asie en général.

L’Asie, une source d’inspiration pour Bernard Buffet

Si on parle beaucoup du coup de foudre de Kiichiro Okano pour Bernard Buffet, on oublie souvent que le peintre a lui aussi été profondément touché par le Japon et l’Asie en général. Dès 1981, il expose une série de toiles sur le thème du Japon, puis en 1988, il rend hommage au pays du Soleil Levant avec une série intitulée « Sumo et Kabuki ». En 1996, c’est une série sur « Pekin » que découvre ses amateurs à la Galerie David et Garnier située avenue Matignon à Paris. Les lignes verticales et horizontales jamais utilisées dans l’art japonais ont profondément touché le peuple asiatique qui adore les lignes sobres et épurées chères à Bernard Buffet.